Zoopsychiatrie, « de plus en plus dans les mœurs »

De nombreux troubles du comportement peuvent être solutionnés avec la zoopsychiatrie. © CC0 Public Domain

Présidente de l’association Zoopsy, le docteur vétérinaire Nathalie Marlois nous explique ce qu’est la zoopsychiatrie.

Qu’est-ce que la zoopsychiatrie ?

Il s’agit de la psychiatrie vétérinaire. Elle vise à protéger, améliorer ou rétablir l’équilibre comportemental des animaux domestiques dans le respect de l’animal, de son bien-être  et de la relation avec ses propriétaires. Certaines pathologies touchent le système cérébral.

Un animal peut présenter des troubles car son cerveau ou son organisme ne fonctionne pas bien. Il  n’y a qu’une seule médecine et il faut considérer l’ensemble de l’animal. Beaucoup de maladies organiques peuvent entraîner des troubles du comportement.

Quelle est la différence avec un éducateur canin ?

Les éducateurs sont très utiles pour faire de la prévention, ils peuvent être des auxiliaires précieux pour mettre en place des thérapies… Les zoopsychiatres peuvent donner un diagnostic plus complet pour pouvoir traiter les troubles et prescrire des médicaments si nécessaire.

Comment savoir si son animal présente des troubles psychiques ?

A partir du moment où son comportement est surprenant et/ou désagréable, avec une malpropreté, des destructions, des aboiements, que le chien est craintif ou agité… La première chose est d’en parler à un vétérinaire. Quand on a des chiots hyperactifs souvent cela se passe mal au moment de leur éducation : ils ne sont pas concentrés, peuvent perturber des cours d’éducation et du coup le maître et son chien peuvent être rejetés par les autres.

Si on est inquiet pour son animal, qu’il y a des comportements excessifs, qu’il nous fait peur, il faut consulter.

Quels sont les troubles les plus fréquents ?

L’agressivité, la malpropreté, la destruction… Tout cela peut être lié à de la douleur, une tumeur ou bien au fait que l’animal veut prendre le pouvoir, qu’il est mal sociabilisé. Une consultation en zoopsychiatrie va permettre un examen clinique et une étude de son environnement.

Quelle est l’objectif de l’association ?

Zoopsy a été créée en 1999. Le but est de développer la zoopsychiatrie, pour une meilleure prise en charge des troubles du comportement. Les vétérinaires peuvent l’utiliser en prévention, pour mieux s’intéresser au bien-être de l’animal, avec une approche multi-disciplinaires.

Aujourd’hui l’association regroupe 135 vétérinaires adhérents. Depuis 2012 nous avons aussi mis en place un Diplôme Universitaire avec l’université Claude Bernard (UCBL), Vet Agro Sup, avec des promotions d’une vingtaine d’élèves.

Lorsque vous parlez de psychiatre pour les animaux, les gens rient-ils de vous ?

De moins en moins, ça commence à rentrer dans les mœurs. Le bouche à oreille est important, les vétérinaires sont de mieux en mieux informés, donc les gens sont de plus en plus au courant.

Les troubles disparaissent-ils toujours après une consultation ?

Les troubles ne sont pas toujours guéris, mais peuvent beaucoup s’améliorer. Par exemple pour l’hyperactivité, les propriétaires des animaux n’y sont pour rien. On ne peut pas la guérir mais la rendre vivable.

Les troubles du comportement ne sont pas irrémédiables, et les solutionner peut éviter des abandons ou des euthanasies. Les troubles du comportement sont la première cause d’abandon chez les chiens, en particulier chez les jeunes.

Mais ceux qui pourraient bénéficier de prise en charge viennent encore un peu tard… Plus on intervient tôt, plus on est efficace. Si on se pose des questions, il faut consulter.

A propos Emilie Longin (229 articles)
Fondatrice et rédactrice en chef du Canard du Chien. Heureuse maîtresse d'Indy, un bouledogue français.

1 commentaire sur Zoopsychiatrie, « de plus en plus dans les mœurs »

  1. Les bienfaits des animaux de compagnie est une chose que l’on connaît tous depuis des lustres. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je conseil toujours aux gens d’adopter un animal de compagnie lorsqu’ils ont la possibilité. Savez-vous qu’il existe même des maisons de retraite qui acceptent la présence de ces derniers au sein de leurs établissements?

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