Zoothérapie : la médiation animale comme thérapie

Le cavalier king charles est une race adaptée à la zoothérapie. © CC Arielle.

Créé en 2003, l’Institut Français de Zoothérapie forme des professionnels de la santé, du social et de l’enseignement spécialisé à la médiation animale. Son fondateur, François Beiger, a présenté cette spécialisation lors d’une conférence au Salon Autonomic de Rennes début octobre.

La zoothérapie, qu’est-ce que c’est ?

Il s’agit d’une thérapie utilisant un animal comme médiateur, « dans l’environnement immédiat de personnes chez qui l’on cherche à éveiller des réactions visant à maintenir ou à améliorer leur potentiel cognitif, physique, psychosocial ou affectif », selon la définition de l’Institut Français de Zoothérapie.

Mais attention : « zoothérapeute, ce n’est pas un métier mais une spécialisation », souligne François Beiger, fondateur de l’IFZ. Lors de sa conférence au Salon Autonomic (1), une cinquantaine de professionnels du milieu médical était venue se renseigner sur ce domaine encore peu connu dans l’Hexagone.

Le spécialiste convient que « nous n’en sommes qu’au début de la zoothérapie en France. » Une séance de zoothérapie se travaille en individuel, ou en petit groupe, sinon « cela relève de l’animation et non plus de la thérapie ».

Dans quelles circonstances l’utiliser ?

« Dans tous les domaines où l’être humain est en difficulté psychique, physique, cognitif, social… » avance François Beiger. Qu’il s’agisse de personnes âgées dépendante, d’adolescents en difficulté, de personnes atteintes d’autisme ou encore de troubles mentaux. Il cite comme exemple un ranch américain qui accueille des adolescentes avec des troubles de l’alimentation. « Dès leur arrivée, chaque jeune fille choisissait un cheval. Elle devait s’en occuper, en être responsable. En France on a des hôpitaux psychiatriques, aux Etats-Unis ils ont des ranchs ! », s’amuse-t-il.

Quel animal choisir comme médiateur ?

Bien que la zoothérapie puisse, potentiellement, s’exercer avec n’importe quel animal, le chien est le plus adapté. Mais pas n’importe quel chien. Le choix de la race, de la taille, de la couleur et de sa disponibilité sont à prendre en compte. D’autant plus que l’animal devra être calme et patient.

François Beiger conseille le berger australien, « très à l’écoute. Il comprend vite, mais il est très malin, il a besoin d’avoir un cadre. » Avantage supplémentaire de cette race : son pelage tricolore, « calme à la vue ». Un chien tout noir ou tout blanc ne sera pas assez reposant pour les patients, estime le fondateur de l’IFZ. D’autres races peuvent toutefois correspondre, comme le golden retriever, le lapinkoïra, le cavalier king charles ou encore le caniche moyen.

« Le chien appartient au professionnel. Il faut une complicité, il est donc important de prendre un chiot à éduquer, et de commencer à travailler avec lui vers ses 1 an », assure François Beiger. Le professionnel devra donc éduquer son chien, qui par exemple devra savoir se placer près d’une personne avec des béquilles, en déambulateur ou en fauteuil pour ne pas la gêner pendant ses déplacements.

Quels bénéfices pour les personnes âgées ?

« Le chien incite à l’action par la bonne humeur et à l’action du jeu », mais pas que. « Il peut aider à faire accepter une toilette, observe le spécialiste. Vous voyez Madame Dupont, Bingo n’aime pas trop quand on lui fait sa toilette, mais il faut bien la faire, c’est pour son bien. » Les bienfaits sont nombreux, sur la locomotion (par la marche en laisse), les articulations (par le brossage de l’animal), l’équilibre, l’adresse, la coordination (par les jeux de balles), la communication, l’affectif… Travailler avec un animal diminue le stress, « tempère un mécontentement de soi ou un conflit », ajoute le professionnel.

Lors d’une séance, qui dure 20 minutes, le zoothérapeute doit être « un peu théatral, surtout pas strict. Je commence toujours avec une surprise : « Vous ne savez pas ce qu’il m’a fait hier Bingo… » ».

Il conclut : « L’animal est une entité vivante qui nous apporte tellement de choses, il faut être complice et travailler ensemble. »

(1) « Développer un programme de zoothérapie ou médiation animale en EPHAD – quelle formation choisir ? »

A propos Emilie Longin (233 articles)
Fondatrice et rédactrice en chef du Canard du Chien. Heureuse maîtresse d'Indy, un bouledogue français.

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