Handi’chien : « Un pas vers l’autonomie des personnes handicapées »

© Handi'Chiens

En 2014, l’association Handi’chiens a remis 131 chiens d’assistance à des personnes atteintes d’un handicap moteur. Son slogan ? « Quand on n’a pas l’usage de ses jambes, c’est précieux d’avoir un ami qui en a quatre. »

« Il m’accompagne à Leclerc, partout. C’est merveilleux de l’avoir avec moi. Si la remise d’un handi’chien n’était pas gratuite, je n’aurais jamais pu en avoir un. » Dans les travées du salon Autonomic, organisé à Rennes les 1er et 2 octobre, l’émotion de Colette est palpable. Cette personne handicapée moteur vient juste de participer, avec son chien Diwan, à la démonstration d’handi’chiens aux côtés de Stéphanie, éducateur canin au centre Handi’chiens de Saint-Brandan dans les Côtes d’Armor.

Depuis sa création, en 2003, le centre breton a remis 215 chiens à des personnes atteintes d’un handicap moteur. « Beaucoup de gens nous disent que depuis qu’ils ont un chien, ils n’ont besoin de solliciter personne, constate Stéphanie. Ils demandent au chien, c’est un pas vers l’autonomie. »

Ramasser les clés, aboyer sur commande…

Vu de l’extérieur, l’aide d’un handi’chien peut sembler plus flou que celle d’un chien guide d’aveugle. Et pourtant… L’handi’chien connaît près de cinquante commandes. La marche en laisse, bien sûr, mais aussi, par exemple, le rapport d’objet. « Si une personne en fauteuil fait tomber ses clefs, elle ne peut pas les ramasser et restera à la porte de chez elle si personne ne vient », explique Stéphanie.

Sur l’une des scènes du salon Autonomic, en compagnie d’Inner, un labrador noir en cours d’éducation, elle lance volontairement ses clefs à quelques mètres d’elle. « Si je ne lui dis pas d’aller les chercher, il n’ira pas », assure-t-elle au public. Une fois la commande donnée, Inner se dirige vers les clefs, les met dans sa  gueule, et les rapporte à sa maîtresse. Autre exercice vital : l’aboiement sur commande, qui permet de tirer la sonnette d’alarme si le maître est en difficulté.

Trois orientations possibles

Les chiens sont remis aux alentours de 24 mois à leur maître. Jusqu’à leurs 18 mois, ils sont confiés à une famille d’accueil, qui aura pour tâche de commencer leur éducation et les sociabiliser, les habituer aux bruits, aux inconnus, aux autres animaux… Ensuite, les futurs handi’chiens passeront 6 mois au centre pour terminer leur formation. A ce moment-là, ils sont pris en charge par un éducateur canin qui les orientera pour être soi chien d’assistance (pour les personnes à mobilité réduite), chien d’éveil (pour accompagner un enfant qui a un trouble mental, comme l’autisme ou la trisomie) ou encore chien d’accompagnement social (remis aux professionnels de la santé, travaillant, par exemple, en EHPAD (1) ou en IME (2)).

Depuis la création de l’association Handi’Chiens en 1989, plus de 1700 chiens ont été remis. « Le centre des Côtes d’Armor en remet environ 30 par an, estime Stéphanie. Ce sont surtout des chiens d’assistance, mais les demandes explosent sur les chiens d’éveil et d’accompagnement social. » Outre l’aide apportée par le chien, il est comme toujours un fabuleux vecteur social. « Beaucoup de personnes en situation de handicap souffrent de la solitude, et cette solitude peut être brisée par un chien. »

(1) Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes.

(2) Institut médico-éducatif.

A propos Emilie Longin (233 articles)
Fondatrice et rédactrice en chef du Canard du Chien. Heureuse maîtresse d'Indy, un bouledogue français.

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