Offrir un chien à Noël ? Pourquoi c’est une mauvaise idée

La SPA le martèle : un chien n'est pas un cadeau, mais un être vivant. © CC0 Public Domain

Un petit chien, c’est tellement mignon. Parfois, on pense que c’est une bonne idée d’offrir un animal, que ce soit pour Noël ou pour une autre occasion. Pourtant, mieux vaudrait s’abstenir… Entretien avec le directeur adjoint de la SPA, Nicolas Dumas, et la chargée des relations presse Muriel Chrisostome.

Pourquoi ne faut-il pas offrir de chiens à Noël ?

Nicolas Dumas : « Tout d’abord, nous sommes contre le terme « offrir », « cadeau », ou encore pire « cadeau surprise ». On ne va pas acheter une chose : un chien, ce n’est pas un cadeau. Nous voulons une adoption responsable, que la personne qui aura le chien fasse elle-même cette démarche, qu’il y ait une rencontre avec l’animal… On privilégie le coup de coeur, et ce coup de coeur on ne peut l’avoir qu’avec un contact physique. »

Et offrir un chien à ses enfants ?

Nicolas Dumas : « On n’offre pas un animal à des enfants, mais à la famille. C’est une décision familiale. Il faut comprendre qu’on n’offre pas un chien à un enfant de 4 ans, c’est lui transmettre un mauvais message. Il s’agit d’un être vivant, pas d’un cadeau. On ne peut pas mettre sur les épaules d’un enfant la responsabilité d’un animal, de s’en occuper pendant une quinzaine d’années. D’ailleurs, ce n’est pas l’enfant qui le sortira, l’emmènera chez le véto, nettoiera sa caisse… »

Est-ce que vous remarquez une hausse des adoptions en décembre ?

Nicolas Dumas : « Nous remarquons que plus de personnes nous disent « on vient parce qu’on veut offrir un chien à nos enfants ». Nos équipes les reprennent tout de suite avec le discours que je viens de vous tenir, et elles les invitent à revenir au refuge avec leurs enfants.

Noël peut être l’occasion d’adopter un animal à la SPA, les gens sont en vacances, donc disponibles pour venir en famille… Mais l’adoption doit être un projet mûrement réfléchi, parce qu’après les vacances, c’est la rentrée. Que va-t-il se passer pour l’animal ? Il faut le sortir, le sociabiliser…

D’autres personnes viennent pour offrir un animal à leurs parents, âgés, pour leur tenir compagnie. De la même façon, nous leur demandons de revenir avec leurs parents. Et de réfléchir à ce qu’il se passera pour l’animal si ces personnes doivent aller en maison de retraite. »

Est-ce que ce genre de démarches diminue au fil des ans ?

Muriel Chrisostome : « Le message de l’adoption responsable n’est pas encore acquis, mais il est en cours d’acquisition. C’est une question de bon sens.  Quand on prend la responsabilité d’adopter un animal, on s’engage sur du long terme, sur la vie entière de l’animal en question. Je vais aller un peu dans l’extrême, mais quand on adopte un enfant, il n’y a pas de service après-vente. Cela devrait être pareil pour les animaux. On considère l’animal comme un membre à part entière de la famille. Quand on achète un animal, cela sous-entend que c’est un objet. Quand on adopte, un lien se crée. »

A propos Emilie Longin (233 articles)
Fondatrice et rédactrice en chef du Canard du Chien. Heureuse maîtresse d'Indy, un bouledogue français.

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