« Une ville sans chien est une ville sans âme »

© Jean-François Deroubaix et Solange Gautier.

Ce dimanche 20 septembre, pour la troisième année consécutive, la mission du Comité Oka « Mon chien, ma ville », organise une manifestation cani-citoyenne à Paris.

« Une ville sans chien est une ville sans âme. » Voici le slogan de « Mon chien, ma ville », l’une des missions du Comité Oka (1). Ce dimanche 20 septembre à Paris (2), se tient la troisième édition de leur manifestation cani-citoyenne pour rendre aux chiens leur place en ville.

« En France, il y a un paradoxe : on aime les chiens, mais rien n’est fait pour eux. Notre mission est que les chiens citadins soient mieux considérés », avance Christine D’Hautuille, coordinatrice de « Mon chien, ma ville ». Principalement basée à Paris, « en lanterne rouge » en ce qui concerne les chiens, elle considère que « tout est à faire à Paris. Si on gagne la capitale, ce sera plus simple pour avancer ailleurs en province ».

Les chiens interdits de parcs

En effet, alors que « Mon chien, ma ville » chiffre à 200000 le nombre de chiens parisiens, les transports en communs et plus de 85 % des parcs de la ville leur sont interdits, même tenus en laisse. « Les propriétaires de chiens sont mal vus par les Parisiens et ne sont pas les bienvenus dans les parcs, constate Christine D’Hautuille. Notre but est que chaque mairie dédie au moins un espace de liberté aux chiens, pour que les maîtres puissent les lâcher. » Si la laisse a, il est vrai, un aspect sécuritaire, un chien a aussi besoin de se défouler, de pouvoir se mouvoir librement au milieu de ses congénères afin de se sociabiliser.

Pour améliorer la situation, « Mon chien, ma ville » endosse déjà le rôle de médiateur entre les municipalités et les propriétaires de chiens. Un exemple concret : le ramassage des déjections canines. « Si les maîtres ne ramassent pas, nous sommes pour une amende plus élevée, assure Christine D’Hautuille. Si les trottoirs sont plus propres, les chiens pourront avoir accès à plus d’endroits par la suite. »

Un rôle à jouer

Tout reste à apprendre, « il n’y a pas assez d’éducation, de prévention », poursuit la coordinatrice. Elle cite les enfants, « de plus en plus nombreux à avoir peur des chiens, à cause de leurs parents » : « A une époque il y avait moins de contraintes. On pouvait même emmener son chien au bureau, mais c’est de moins en moins possible… »

Le chien a pourtant son rôle à jouer auprès des habitants. « Une personne âgée qui a un chien aura beaucoup plus de lien social. Toutes les études scientifiques vont dans ce sens. Avoir un chien est bon pour la santé, car on le sort, et bon pour le moral ! »

Christine D’Hautuille le martèle : si le chien est mieux intégré en ville, tout le monde sera gagnant-gagnant. « Ils apportent du bonheur, les gens aiment en voir, même s’ils n’en ont pas. La preuve : dès qu’il y a un produit à vendre, on met chien pour en faire la publicité. » La coordinatrice de « Mon chien, ma ville » l’affirme : « Dans ce monde de brutes, on a besoin de l’affection des chiens. »

(1) Le Comité Oka « informe, sensibilise et sollicite l’opinion publique sur des actions de conservation environnementale pour qu’elles perdurent ».

(2) Départ à 14 h 30 de la Rotonde de la Villette, puis marche jusqu’au Parc des Buttes-Chaumont.

A propos Emilie Longin (229 articles)
Fondatrice et rédactrice en chef du Canard du Chien. Heureuse maîtresse d'Indy, un bouledogue français.

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