Chien guide d’aveugle. José et Hélios, modelés l’un pour l’autre

José & Hélios. Crédits : Le Canard du Chien.

A l’occasion de la semaine du chien guide d’aveugle, Le Canard du Chien a rencontré José Turckx et Hélios. L’un est mal-voyant, l’autre chien-guide.

« Je me souviens du jour exact, le 7 octobre 2013. Quand on me l’a remis, il est venu tout de suite vers moi. Depuis on ne s’est pas quitté. » Quand on écoute José Turckx, il n’est pas difficile de s’apercevoir du lien qui l’unit à son chien. Hélios, labrador noir de 3 ans, se repose sagement, sans faire un bruit, dans un coin de la pièce. Sans oublier de jeter, de temps à autre, un coup d’oeil vers son maître.

Mais Hélios n’est pas un chien comme les autres. Oui, c’est un fidèle compagnon. Oui, il n’aime pas toujours les chats. Oui, il aime courir très vite quand on le détache. Mais lorsqu’on lui passe son harnais autour du poitrail, Hélios endosse une autre casquette que celle de simple canidé : celle de chien-guide.

Bientôt deux ans qu'Hélios suit José Turckx dans tous ses déplacements. Crédits : Le Canard du Chien.

Bientôt deux ans qu’Hélios suit José Turckx dans tous ses déplacements. Crédits : Le Canard du Chien.

Poteaux et tranchée

A dire vrai, Hélios n’est pas le premier chien-guide de José. Devenu aveugle à la suite d’un accident à l’âge 12 ans, l’homme en a aujourd’hui 61. C’est à 32 ans qu’il décide de prendre un chien-guide pour l’aider dans sa vie quotidienne. « A l’époque j’utilisais la canne blanche, mais pas comme les aveugles, sourit-il malicieusement. Au lieu de la mettre devant moi pour voir les obstacles, je préférais la faire courir le long de la bordure du trottoir. Et j’allais toujours tout droit ! Alors ça arrivait souvent que je me prenne des poteaux ! » Outre les poteaux et autres arbres, José est tombé dans une tranchée faite pour des travaux. « Sur le dos d’un ouvrier ! J’ai eu 8 jours d’arrêt. C’est là que je me suis dit que j’allais peut-être prendre un chien, c’est moins dangereux… » C’est également à ce moment que José se sépare de sa femme. Prendre un chien lui a aussi permis de rompre sa solitude.

Liberté

« Au début il y a forcément un peu d’appréhension de ne plus avoir la canne blanche, se rappelle José. Bacchus, mon premier chien, était une tête de mule. Quand il ne voulait pas avancer, il n’y avait rien à faire… » Malgré ce caractère de chien, Bacchus offre une vraie liberté à José. « Avec la canne, on se méfie toujours un peu. Se faire guider par un chien, ça renforce cette envie d’autonomie. » Le Rennais de résidence n’oublie pas de rappeler qu’il s’agit avant tout d’une relation de confiance entre le maître et le chien, « sinon ça ne fonctionnera jamais ».

Mais José n’a pas ressenti ce lien si particulier avec Bacchus, ou avec ses chiens suivants. Jusqu’à Hélios. « J’ai l’impression qu’il a été modelé pour moi, et moi pour lui. » Sa compagne ajoute : « Il a un regard incroyable, il ne lui manque que la parole. »

IMG_7589

Hélios, le labrador chien guide. Crédits : Le Canard du Chien.

Au quotidien, Hélios guide José dans ses déplacements. Il connaît les chemins empruntés par son maître par coeur, s’arrête au passage piéton, lui désigne les poignées de porte du bout de son museau… « Je suis à la retraite depuis décembre, mais avant je l’emmenais au bureau. » Et le labrador « réfléchissait » sous le bureau comme s’en amuse son maître, comprenez que le toutou ronflait !

Au-delà du guidage, le chien est un facteur de lien social. « Les gens viennent plus facilement vers nous, je leur explique ce qu’est un chien guide. Et par expérience, ça marche fort auprès de la gente féminine ! », en rigole José.

A propos Emilie Longin (243 articles)
Fondatrice du Canard du Chien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.